8 Mai 1945 : Emmanuel Macron préside la dernière cérémonie de son quinquennat et tend la main à l’Algérie
La France a commémoré ce 8 mai le 81e anniversaire de la Victoire de 1945, date historique marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. À Paris, le président de la République Emmanuel Macron a présidé une cérémonie solennelle sous l’Arc de Triomphe, dans ce qui constitue la dernière commémoration du 8-Mai de son quinquennat.
Comme le veut la tradition républicaine, le chef de l’État a d’abord remonté les Champs-Élysées avant de déposer une gerbe au pied de la statue du général Charles de Gaulle. Il s’est ensuite rendu sous l’Arc de Triomphe pour raviver la flamme du Soldat inconnu et rendre hommage aux millions de victimes de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’aux combattants de la Résistance.
Devant les autorités civiles et militaires, les anciens combattants, les porte-drapeaux et de nombreux citoyens, la cérémonie s’est déroulée dans un climat empreint de gravité et de mémoire. Après le ravivage de la flamme, le président a salué le comité de la flamme, signé le livre d’or puis échangé avec plusieurs représentants du monde combattant.
Cette cérémonie intervient dans un contexte international particulièrement tendu. Alors que plusieurs conflits continuent d’inquiéter la communauté internationale, la commémoration du 8-Mai a rappelé l’importance de la paix, du dialogue et de la coopération entre les peuples.
L’Élysée a également profité de cette journée de mémoire pour envoyer un signal diplomatique vers l’Algérie. Après près de deux années de tensions entre Paris et Alger, la présidence française a affirmé sa volonté de « restaurer un dialogue efficace » entre les deux pays.
Dans ce contexte, la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo s’est rendue en Algérie afin de participer aux commémorations des événements tragiques de Sétif du 8 mai 1945. Ce jour-là, alors que l’Europe célébrait la victoire contre l’Allemagne nazie, des manifestations indépendantistes algériennes furent violemment réprimées par les autorités françaises, provoquant plusieurs milliers de morts selon les historiens.
La visite d’Alice Rufo apparaît comme un geste symbolique fort destiné à apaiser les relations franco-algériennes et à reconnaître les blessures encore vives liées à cette période de l’histoire coloniale.
Dans le même temps, l’Élysée a demandé une attention particulière au cas du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis près d’un an et condamné à sept ans de prison. Paris souhaite faire de son retour une priorité diplomatique dans le cadre du rapprochement engagé entre les deux pays.
Au-delà des enjeux diplomatiques, cette journée du 8 mai a également été marquée par un important travail de mémoire autour des derniers héros de la Résistance encore en vie.
Depuis plusieurs mois, l’Ordre de la Libération mène une vaste enquête baptisée « Non immemor » (« Ne pas oublier ») afin de retrouver les derniers titulaires de la médaille de la Résistance française encore vivants. Cette distinction avait été créée à Londres par le général Charles de Gaulle le 9 février 1943 afin de récompenser les actes de courage et de foi accomplis contre l’occupant nazi et ses collaborateurs.
Plus de 65 000 personnes ont reçu cette décoration, parmi lesquelles des figures célèbres comme Joséphine Baker, Michel Debré, René Char ou Marc Bloch. Quarante pour cent des décorations furent attribuées à titre posthume.
À l’origine de cette opération mémorielle se trouve le général d’armée Thierry Burkhard, actuel chef d’état-major des armées et délégué national de l’Ordre de la Libération. Très attaché aux questions de transmission historique, il souhaite éviter que les derniers témoins de la Résistance tombent dans l’oubli.
Cette 81e commémoration rappelle également l’évolution du statut du 8-Mai en France. Si cette date est aujourd’hui solidement ancrée dans la mémoire collective comme jour férié national, son histoire fut longtemps mouvementée.
Le 8-Mai est devenu officiellement férié en 1953 avant de perdre ce statut en 1959. Il fut de nouveau commémoré à partir de 1968 avant d’être supprimé comme jour férié en 1975 par le président Valéry Giscard d’Estaing dans une volonté de réconciliation franco-allemande. C’est finalement François Mitterrand qui le rétablit définitivement en 1981.
Le 8 mai 1945 reste l’une des dates les plus importantes de l’histoire contemporaine. Ce jour-là, à Berlin, les représentants allemands signaient la capitulation sans condition devant les forces alliées françaises, américaines, britanniques et soviétiques, mettant fin à six années de guerre en Europe.
Huit décennies plus tard, alors que les derniers témoins disparaissent peu à peu, la cérémonie du 8-Mai demeure un moment essentiel de transmission entre générations. Elle rappelle les sacrifices consentis pour défendre la liberté, mais aussi la fragilité permanente de la paix.
À travers cette ultime cérémonie du quinquennat d’Emmanuel Macron, la France a une nouvelle fois affirmé son attachement au devoir de mémoire, à l’héritage de la Résistance et aux valeurs démocratiques construites au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.





























































About Author
Gabriel MIHAI
Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et internationale, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.