Les Salins de Camargue

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L’exploitation du sel est une activité économique qui remonte à l’Antiquité.

Pendant très longtemps, les salines furent une des principales ressources de la ville. Pour récolter le sel, il est nécessaire de pomper l’eau dans la mer et celle-ci doit parcourir plus de 70 km dans les roubines pour arriver aux « tables saunantes ».

Le sel ainsi récolté mécaniquement a est amoncelé en tas scintillants appelées « Camelles » avant d’être conditionné à usage alimentaire.

Le Salin d’Aigues-Mortes en Camargue, est le plus important site de production de sel de méditerranée. Le salin représente environ 10 000 hectares. Il s’étend sur 18 km du nord au sud et de 13.5 km d’est en ouest. 7 000 hectares sont consacrés à la culture du sel dont 420 aux tables salantes. Les salins couvrent une large partie des Marais de Peccais, au sud-est du village fortifié. Les flamants roses et cygnes vivent au bord du lac.

Le salin s’étend sur deux départements : Le Gard et Les Bouches du Rhône et sur 4 villes : Aigues-Mortes, Le Grau du Roi, Saint Laurent d’Aigouse et les Saintes Marie de la Mer.

Les salins sont inscrits à l’inventaire général du patrimoine culturel, depuis le 22 décembre 1995, tant pour le site de production, que pour les bâtiments administratifs et de logements.

La production se fit en période estivale afin de profiter d’un ensoleillement maximal pour optimiser l’évaporation de l’eau et la cristallisation du sel sous l’action du vent et du soleil.

Le fonctionnement du salin se fait par étapes, dans cinq bassins reliés entre eux par une circulation d’eau. Les partènements (premiers bassins) vont recueillir l’eau de mer pompée puisque les bassins se situent quelques mètres au dessus du niveau de la mer. Leur salinité est de 38 g par litre. L’eau se déplace de bassin en bassin et son taux en sel augmente au fur et à mesure.

Cette action se fera sur plusieurs dizaines de kilomètres. L’eau saumurée parviendra de cette façon aux bassins de réserve. Les derniers bassins appelés « tables salantes » ou cristallisoirs permettent la récolte du sel et le taux de sel atteint est de 260 g par litre d’eau.

Ce qui est le plus marquant est la couleur rose des bassins, c’est la présence d’algues microscopiques « la Dunaliella Salina » et la vidange d’eau effectuée qui permet de dégager une couche de 8 à 15 centimètres de sel recouvrant les bassins; Ce que l’on appelle « le gâteau de sel ».

Par le passé, la récolte se faisait manuellement par les paludiers ou sauniers, aujourd’hui le sel est recueilli à l’aide de tracteurs à chenilles muni de pelle à l’avant. Le sel est entreposé sous la forme de monticules de 10 à 15 mètres « Les Camelles ».

Les produits des salins d’Aigues Mortes sont le sel fin, le gros sel et la fleur de sel sous le nom de « La Baleine » et « Le Saunier de Camargue ».

Le Salin d’Aigues-Mortes a connu de sombres moments d’histoire.

En pleine crise économique en Europe, la Compagnie « Les Salins du Midi » avait lancé le recrutement d’ouvriers pour le battage et le levage du sel à l’été 1893. De nombreux ouvriers furent donc attirés par le fait de trouver un emploi.

Parmi les ouvriers venus travailler, l’on trouve « Les Ardéchois » des paysans pas toujours ardéchois ; Ceux-ci laissaient leurs terres le temps de la saison de la récolte, les « Piémontais », des italiens du nord de l’Italie recrutés par des chefs d’équipe, les chefs de colle et des « Trimards » composés de vagabonds.

Bien évidemment, les chefs de colle furent obligés de faire des équipes d’ouvriers français et italiens ; Une rixe éclata entre les deux groupes et se transforma en lutte d’honneur. Cette rixe fut considérée comme le déclencheur du plus grand pogrom de l’histoire de la France. Bien que les gendarmes et le juge de paix fûrent intervenus, la situation s’aggrava et certains vagabonds (trimards) vinrent grossir les rangs ainsi que ceux qui n’avaient pas pu avoir d’emploi. Ils affirmèrent tous que les italiens avaient tué des aigues-mortais. Un groupe d’italiens fut attaqué et se réfugia dans une boulangerie ou les émeutiers mirent le feu. La troupe venant les secourir arriva à 18 heures après le drame.

Les émeutiers n’ont cessé de poursuivre les italiens jusque dan les salins de Peccais ou se trouvent le plus grand nombre d’italiens. Le capitaine des gendarmes Cabley ne put les protéger et ils furent attaqués sur le chemin de la gare d’Aigues-Mortes. Il y eu sept morts et une cinquantaine de blessés avec des séquelles à vi pour certains.

Ce fut le plus grand massacre d’immigrés en France et l’un des plus grands scandales puisque aucune condamnation ou sanction ne fut prise sur le plan judiciaire.

Une visite s’impose à Aigues-Mortes, un petit train permet de traverser le site des Salins du Midi et le Musée des Salins.

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