Washington a créé le chaos au Moyen-Orient après avoir tué le général Soleimani

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Lors des funérailles du général iranien Qassem Soleimani dans le sud-est de l’Iran où une foule immense a réclamé vengeance aux cris de « Mort à l’Amérique », une bousculade a fait mardi plus de 50 morts.

La bousculade a fait « plus de 50 morts », a indiqué le chef de l’Institut médico-légal de la ville de Kerman, Abbas Amian, cité par des médias iraniens.

L’agence de presse semi-officielle Isna, citant le chef des secours de Kerman, Mohammad Sabéri, indique que 212 personnes ont également été blessées, « dont un petit nombre » est dans un « état grave ».

En début de soirée, la télévision a commencé une diffusion en direct depuis le cimetière des martyrs de la ville où Soleimani doit être enterré.

Mais la diffusion a cessé et des médias locaux ont laissé entendre que l’inhumation pourrait ne pas avoir lieu avant le matin, sans préciser les causes de ce possible report.

Plus tôt, le centre de Kerman, ville natale du général, avait été envahi par une marée humaine semblable à celle ayant déferlé dimanche et lundi à Téhéran et dans les autres villes où les cercueils de Soleimani et de ses compagnons d’armes tués avec lui ont transité pour un hommage populaire.

Chef de la Force Qods, unité d’élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution (l’armée idéologique iranienne), Soleimani était l’architecte de la stratégie de l’Iran au Moyen-Orient.

Le processus « d’expulsion des États-Unis de la région a commencé », a lancé à Kerman le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution.

« Nous allons nous venger […] S’ils (frappent de nouveau), nous mettrons le feu à ce qu’ils adorent », a-t-il dit sur un ton énigmatique. « Eux-mêmes savent bien de quels lieux je parle ».

Le Parlement iranien a adopté mardi en urgence une loi classant toutes les forces armées américaines comme « terroristes » après l’assassinat de Soleimani.

« Le martyr Qassem Soleimani est plus puissant et vivant maintenant qu’il est mort », et « plus dangereux pour l’ennemi », a assuré le chef des Gardiens devant les cercueils du général et son bras droit, le général de brigade Hossein Pourjafari, exposés parmi des gerbes de fleurs sur la place Azadi de Kerman.

Élevé à titre posthume au grade de général de corps d’armée, inusité depuis des années en Iran, Soleimani est largement considéré dans son pays comme un héros pour le combat qu’il a mené contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Ajoutant un peu plus à la confusion, lundi soir, le commandement américain à Bagdad a informé les Irakiens du retrait de ses troupes… avant que Washington n’évoque une lettre envoyée par erreur !

Pour les États-Unis, le tir de drone qui a pulvérisé le 3 janvier les voitures de Qassem Soleimani et d’Abou Mehdi al-Mouhandis, patron des paramilitaires pro-Iran en Irak est un point marqué pour « la paix et la stabilité » au Moyen-Orient.

Mais, pour les diplomates occidentaux en Irak et les gradés américains sur le terrain, c’est une tout autre page, de fureur et de chaos, qui s’ouvre.
« Cette frappe a été une surprise pour nous tous », assure à l’AFP un diplomate occidental sous le couvert de l’anonymat.
« C’est maintenant très compliqué de parler avec les Américains. Nous parlons beaucoup entre membres de l’Union européenne, mais les Américains sont pris par leurs propres problèmes ».

La frappe de drone est survenue en pleines vacances de fin d’année à Bagdad, désertée par la plupart des ambassadeurs, laissant des chancelleries en ébullition tentant de dénouer les fils d’un assassinat dont la déflagration pourrait dépasser le seul Moyen-Orient.

La plupart des diplomates refusent aujourd’hui de discuter publiquement des relations au sein de la coalition antidjihadistes emmenée par Washington.

De son côté, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo n’hésite pas à se monter accusateur sur la chaîne Fox News, porte-voix des républicains de Donald Trump : « les Européens n’ont pas été aussi utiles que j’aurais espéré » dans le sillage de cette opération ciblée, a-t-il dit.

« Les Britanniques, les Français, les Allemands, tous doivent comprendre que ce que nous avons fait a permis également de sauver des vies en Europe », a-t-il argué.

Et le fossé ne se creuse pas seulement entre diplomates. Les militaires de la coalition antidjihadistes emmenée par les Américains aussi le voient s’élargir.

« On dirait qu’on a mis nos alliés occidentaux “dans la merde” », lâche, amer, un responsable militaire américain en Irak.

Depuis l’assassinat de Soleimani et Mouhandis, le Parlement irakien a voté l’expulsion des forces de la coalition antidjihadistes – surtout des 5200 soldats américains en son sein – et les tirs incessants de roquettes ont forcé l’OTAN et la coalition à se consacrer uniquement à leur protection.

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