WEEK-END CULTUREL A LA MAISON DE L’INDONESIE A PARIS

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La Maison de l’Indonésie, située dans le 14ème arrondissement a présenté un week-end culturel à Paris les 23 et 24 juillet derniers.

A cette occasion, plusieurs animations ont été organisées: Atelier du chocolat, atelier Batik par la résidente de Nouvelle Calédonie d’origine indonésienne Laura Rossmark, atelier de peinture indonésienne Soekarno et Kartini par l’artiste franco-vietnamien Raphael Verdon, street food avec dégustations. Ce lieu est aussi un magasin où trouver des produits indonésiens comme du café, du thé, des épices ou du chocolat, de l’épicerie, des produits de beauté (huiles essentielles et aromathérapie), de bien-être et des propositions de voyage…. Un concert de musique de percussions électroniques avec fond de musique gamelan par un artiste indonésien, Darman Merdeka, a clôturé chaque journée.

Histoire de la Maison de l’Indonésie

En 2016, Eka Moncarré, française d’origine indonésienne, décide de créer l’Office de Tourisme de l’Indonésie dans le 5ème arrondissement de Paris. En tant que directrice, elle propose de faire découvrir les beautés de l’archipel aux 17 000 îles.

Née à Jakarta, elle est arrivée à Paris pour y poursuivre ses études puis s’installer professionnellement. Nommée par le ministère du tourisme pour être ambassadrice entre la France et son pays, elle facilite la relation entre les 2 pays tout en incitant les français à visiter l’Indonésie. Après la fermeture durant la pandémie, seule la promotion des produits a permis de promouvoir le pays.

Après sa fermeture définitive dans le 5ème arrondissement, l’Office du Tourisme de l’Indonésie s’est implanté depuis mai 2022, près de Montparnasse, rue Jean Zay, toujours à l’initiative d’Eka Moncarré. Le lieu a été entièrement décoré par des artistes indonésiens. Il est à la fois un café qui permet de déguster un café glacé à base de sucre de noix de coco, ou le jamu, boisson à base de plantes médicinales, mais aussi une boutique qui présente des objets artisanaux.

Office de tourisme, la maison de l’Indonésie permet de préparer son voyage en Indonésie grâce à des documentations, des vidéos et la liste des dernières formalités de voyage. En effet, depuis le 18 mai 2022, le pays n’exige plus que les voyageurs vaccinés venant de l’étranger présentent un test Covid-19 négatif à leur entrée dans le pays. Le port du masque reste obligatoire en intérieur et dans les transports..

Par ailleurs, l’office de tourisme organise régulièrement des activités comme des ateliers (batik, chocolat…), des cours de langue, des expositions photos, des concerts, des dégustations (Bami-goreng, nasi-goreng, etc ) afin de promouvoir la culture et les produits indonésiens.

L’Atelier découverte du Batik

Qu’est-ce que le batik?

Le batik est un textile traditionnel qui existe dans différentes régions du monde, en Inde, en Chine, en Asie du Sud-Est, au Turkestan et en Afrique de l’Ouest. Le plus raffiné est celui de l’île de Java en Indonésie, où on le retrouve dans les cérémonies, les rituels, l’habillement ou encore le théâtre de marionettes… Il est d’ailleurs inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2009.

Transmis de génération en génération à Java et ailleurs, le batik indonésien est réalisé par des applications de cire chaude sur du tissu (soie ou coton), en points ou en lignes, à l’aide d’un instrument en cuivre en forme de stylet appelé canting ou de tampons de cuivre nommés cap. La cire permet de résister au processus de teinture naturelle ou synthétique effectué à la main. On fait ensuite bouillir le tissu et/ou on gratte pour ôter la cire. Le procédé est répété pour chaque teinte.

Les motifs symboliques reflètent les influences (calligraphie arabe, art floral européen, phénix chinois, fleurs de cerisiers japonais, paons indiens ou persans…). En Indonésie, le batik exprime la créativité et la spiritualité, il se mêle à l’identité culturelle et populaire.

Origine du batik en Indonésie

Il existe 2 écoles de batik qui s’opposent. L’une d’influence indienne entre le VIème et VIIème siècle et l’autre basée sur les communautés de Flores ou de la région Toraja en Sulawesi qui auraient développé leur propre textile sans influence hindouiste. A partir du XIXème siècle, la production augmente et la côte nord de Java en développe l’industrie, tout en introduisant le style européen lié aux colons hollandais.

Les motifs sont liés à la communauté locale, au statut social, à la nature, à l’histoire, au patrimoine culturel et aux circonstances (grossesse, mariage, bébé, morts…). Pour réaliser un batik, les artisans jeûnent, prient et travaillent en méditant au son de chants traditionnels. Il faut plusieurs jours pour réaliser un batik au tampon et un mois au minimum jusqu’à un an pour une pièce où les dessins sont tracés à la main.

Il existe 2 grands style de batik à Java, celui des anciennes villes royales dans le centre depuis le XVIème siècle et celui de la côte nord, influencé par les chinois avec des couleurs vives , des fleurs ou des oiseaux. C’est ce qu’on appelle les batiks pasisir à partir du XIXème siècle.
Dans le centre, les dessins sont d’origine locale puis ont évolué avec la propagation de l’islam.
En dehors de Java, on trouve des batiks d’influence indienne et javanaise à Palembang et Jambi sur l’île de Sumatra.

Hiron Phoenix

Raphael Phoenix, dit Hiron Phoenix, peintre franco vietnamien a exposé 2 toiles en digital painting à la Maison de l’Indonésie, sur Soekarno et Kartini.

Après des études à Paris, Ravenne (Italie), Bourges et Hanoï (Vietnam), il obtient des diplômes d’arts appliqués et métiers d’art (École Paul Poiret en Design de Mode, École Boulle en Tapisserie-Décoration et Ensaama-Olivier de Serres en Fresque et Mosaïque) et Centre Saint Charles – de Université de Paris I Panthéon Sorbonne (Licence et Master 1 en Arts Plastiques et Sciences de l’Art).

A l’ENSA de Bourges, il travaille la création sonore et les techniques de la laque chinoise avec Tang Ying. En 2014, au cours de l’année France-Vietnam, il étudie la Peinture de laque poncée, peinture traditionnelle vietnamienne durant un stage, à Paris, et participe à l’exposition collective à l’École Pratique des Hautes Études, en septembre.

Pour se perfectionner en peinture de laque poncée, il s’installe 2 mois en Erasmus à Hanoï pour effectuer un stage. Il monte alors son exposition : Phát, Lôc, Phúc, au sein même de l’ Université Trường Đại học Mỹ thuật Công nghiệp. Raphaël Verdon se veut disciple des grands artistes qui l’ont formé et inspiré En septembre 2017, il entre à l’Inalco, Langues’Ô, pour étudier la langue et les civilisations de l’Asie du Sud-Est. Il y monte une exposition en février 2019, à l’occasion de la fête du Têt de la section des études vietnamiennes. La même année, il se lance dans l’étude de la cithare vietnamienne.

Raphaël Verdon travaille la création sonore, il est également fresquiste et mosaïste. Artiste plasticien, il travaille aussi les autres matières et les pochoirs.

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