Emmanuel Macron et António José Seguro relancent le partenariat stratégique entre la France et le Portugal
António José Seguro, a affiché sa volonté de renforcer encore les liens entre Lisbonne et Paris
Quelques mois après la visite d’État du président Emmanuel Macron au Portugal, les relations franco-portugaises poursuivent leur dynamique. Reçu mercredi au palais de l’Élysée pour un déjeuner de travail, le président de la République portugaise, António José Seguro, a affiché sa volonté de renforcer encore les liens entre Lisbonne et Paris. Coopération économique, transition énergétique, culture, politique européenne et grands dossiers internationaux figuraient au cœur des échanges. Cette rencontre ouvre également la voie au premier sommet bilatéral prévu dans le cadre du traité d’amitié signé entre les deux pays en 2025, symbole d’un partenariat qui entend désormais s’inscrire dans la durée.
Une rencontre placée sous le signe de la continuité
Le déjeuner de travail organisé à l’Élysée marque l’une des premières rencontres bilatérales de haut niveau d’António José Seguro depuis son entrée en fonction. Au-delà du caractère protocolaire, cette visite confirme la volonté commune de Paris et de Lisbonne d’approfondir une relation déjà qualifiée d’excellente par les deux capitales.
Cette nouvelle étape intervient dans le prolongement de la visite d’État effectuée par Emmanuel Macron au Portugal les 27 et 28 février 2025. Le chef de l’État français s’était alors rendu à Lisbonne puis à Porto afin de consolider les relations politiques, économiques et culturelles entre les deux pays. La signature d’un traité d’amitié franco-portugais avait constitué l’un des temps forts de cette visite, ouvrant une nouvelle phase de coopération bilatérale.
À Paris, António José Seguro a estimé que les relations entre les deux pays traversaient « un moment très positif », soulignant la qualité des échanges avec Emmanuel Macron et la convergence de leurs priorités diplomatiques.
Le traité d’amitié entre dans une phase concrète
Au cœur des discussions figure désormais la mise en œuvre du traité d’amitié signé en 2025.
Ce texte prévoit l’organisation régulière de sommets franco-portugais destinés à coordonner les politiques publiques des deux États dans plusieurs secteurs stratégiques. Selon António José Seguro, Emmanuel Macron souhaite que le premier de ces sommets puisse se tenir avant la fin de l’année 2026.
Au-delà du dialogue politique, cette nouvelle instance devrait permettre d’accélérer plusieurs projets communs, notamment dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de l’innovation, de la transition énergétique et de la coopération culturelle.
Les deux présidents souhaitent notamment renforcer l’enseignement du français au Portugal et celui du portugais en France, considérant que les échanges linguistiques constituent un levier essentiel pour rapprocher les deux sociétés.
Cette volonté s’inscrit dans une relation historique forte. La France accueille l’une des plus importantes communautés portugaises à l’étranger, tandis que plusieurs milliers de Français vivent aujourd’hui au Portugal, participant au développement économique et culturel des deux pays.
L’économie au premier plan
L’un des principaux objectifs affichés par António José Seguro concerne le développement des échanges économiques.
Quelques heures avant sa rencontre avec Emmanuel Macron, le président portugais avait réuni des entrepreneurs portugais à l’ambassade du Portugal à Paris. Il leur a demandé de poursuivre leurs investissements tout en renforçant la présence des entreprises portugaises sur le marché français.
Selon lui, l’augmentation des exportations constitue désormais une priorité stratégique.
La France représente déjà l’un des principaux partenaires commerciaux du Portugal. Les secteurs de l’industrie, des nouvelles technologies, de l’agroalimentaire, du textile, des énergies renouvelables ou encore de l’aéronautique offrent d’importantes perspectives de développement.
Les deux chefs d’État considèrent également que la coopération économique doit accompagner les grandes transitions européennes, notamment la décarbonation de l’industrie, l’innovation numérique et la souveraineté énergétique.
À l’issue de leurs échanges, António José Seguro s’est montré particulièrement optimiste, estimant que cette rencontre créait un climat favorable aux investissements entre les deux pays.
Une même lecture des grands enjeux internationaux
Au-delà des relations bilatérales, Emmanuel Macron et António José Seguro ont consacré une large partie de leurs discussions à l’actualité internationale.
Les deux dirigeants ont réaffirmé leur attachement au multilatéralisme, au respect du droit international et aux principes inscrits dans la Charte des Nations unies.
La guerre en Ukraine a naturellement occupé une place importante dans leurs échanges. Paris et Lisbonne continuent de soutenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine tout en plaidant pour une paix durable fondée sur le respect du droit international.
Les tensions au Moyen-Orient ont également été abordées. António José Seguro a estimé qu’une stabilisation durable passerait par un dialogue entre les États-Unis et l’Iran, par le renforcement des institutions libanaises et par la poursuite des efforts diplomatiques en faveur d’une solution pacifique à Gaza respectant les droits humains.
Les deux présidents ont également évoqué la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, un enjeu majeur pour les échanges commerciaux internationaux et la sécurité énergétique mondiale.
L’Europe face au défi de son autonomie stratégique
Les discussions ont également porté sur l’avenir de l’Union européenne.
Paris comme Lisbonne partagent la conviction que l’Union doit renforcer sa capacité d’action face aux crises internationales.
Cette autonomie stratégique concerne aussi bien la défense que l’énergie, les nouvelles technologies ou encore la compétitivité industrielle.
Sans remettre en cause les alliances existantes, les deux pays souhaitent voir émerger une Europe davantage capable de défendre ses intérêts économiques et géopolitiques dans un environnement international devenu plus instable.
Cette convergence illustre la proximité croissante entre la France et le Portugal sur les grands dossiers européens.
L’Afrique demeure un axe de coopération
La coopération avec le continent africain a également trouvé sa place dans les échanges.
Les deux chefs d’État ont évoqué notamment la Guinée-Bissau, pays avec lequel Lisbonne entretient des liens historiques.
António José Seguro a confirmé qu’il accueillerait prochainement à Lisbonne le président du Mozambique avant d’effectuer sa première visite officielle en Afrique, qui débutera au Cap-Vert à la fin du mois de juillet.
Ces initiatives témoignent de la volonté du Portugal de renforcer sa présence diplomatique sur le continent africain, en complément des politiques menées par la France dans plusieurs régions.
Un partenariat appelé à s’intensifier
Cette rencontre à l’Élysée dépasse largement le cadre d’un simple déjeuner de travail.
Elle confirme la volonté de Paris et de Lisbonne de construire un partenariat plus structuré autour d’intérêts communs, qu’il s’agisse de développement économique, de coopération culturelle, de sécurité européenne ou de stabilité internationale.
À travers le futur sommet bilatéral prévu par le traité d’amitié, les deux gouvernements entendent transformer cette proximité politique en projets concrets bénéficiant aux entreprises, aux universités, aux chercheurs et aux citoyens des deux pays.
Dans un contexte international marqué par les crises géopolitiques, les tensions commerciales et les défis climatiques, le rapprochement franco-portugais apparaît comme l’expression d’une coopération européenne fondée sur la confiance, le dialogue et une vision commune de l’avenir.




















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Gabriel MIHAI
Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et internationale, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.